Lingua Portuguesa

Ler poesia √© desenvolver o intelecto e o emocional, pois sua compreensao depende da percep√ß√£o por quem le da essencia do c√≥digo literal e cultural utilizado pelo poeta. Esse processo de decodificacao do texto requer tempo, concentra√ß√£o, vocabulario, leitura, interpreta√ß√£o e imagina√ß√£o. Ler poesia implica em exercitar o cerebro e alimenta-lo com novos conceitos e percep√ß√Ķes sobre o tema.

Abaixo poema de Olavo Bilac, um dos fundadores da Academia Brasileira de Letras que publicou no livro “Poesias”.

√öltima flor do L√°cio, inculta e bela,
√Čs, a um tempo, esplendor e sepultura:
Ouro nativo, que na ganga impura
A bruta mina entre os cascalhos vela…

Amo-te assim, desconhecida e obscura.
Tuba de alto clangor, lira singela,
Que tens o trom e o silvo da procela,
E o arrolo da saudade e da ternura!

Amo o teu viço agreste e o teu aroma
De virgens selvas e de oceano largo!
Amo-te, ó rude e doloroso idioma,

em que da voz materna ouvi: “meu filho!”,
E em que Cam√Ķes chorou, no ex√≠lio amargo,
O gênio sem ventura e o amor sem brilho!

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

Victor HUGO (1802-1885)

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’√Ęme et le front.
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’√Ępre cime.
Ceux qui marchent pensifs, √©pris d’un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C’est le proph√®te saint prostern√© devant l’arche,
C’est le travailleur, p√Ętre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.
Inutiles, √©pars, ils tra√ģnent ici-bas
Le sombre accablement d’√™tre en ne pensant pas.
Ils s’appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, b√Ęille, dit oui, dit non,
N’a jamais de figure et n’a jamais de nom ;
Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans √Ęge ;
Le bas du genre humain qui s’√©croule en nuage ;
Ceux qu’on ne conna√ģt pas, ceux qu’on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L’ombre obscure autour d’eux se prolonge et recule ;
Ils n’ont du plein midi qu’un lointain cr√©puscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir o√Ļ l’on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
Regarder sans respect l’astre, la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l’√Ęme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N’attendre rien d’en haut ! ciel ! oublier les morts !
Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cach√©s dans d’immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j’aimerais mieux √™tre, √ī fourmis des cit√©s,
Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu’une √Ęme en vos cohues !